Femme
Une femme est un individu de sexe féminin de l'espèce humaine par opposition à l'homme, individu de sexe masculin. Son anatomie permet le développement d'un f½tus humain et la naissance de l'enfant.
Sommaire
Biologie et anatomie
La Baigneuse, peinture de William Bouguereau, 1870
La femme est la femelle de l'espèce humaine. Le sexe est déterminé par l'absence de chromosome Y humain et donc par extrapolation par le chromosome X humain, féminin dans le cas d'une paire de chromosomes XX, alors que le sexe masculin est déterminé par les chromosomes sexuels XY. Les femmes et les hommes ont normalement des productions hormonales différenciées et les hormones typiques de la femme sont les ½strogènes et la progestérone. Les appareils génitaux diffèrent notablement. Des différences sexuelles secondaires apparaissent au cours de la puberté, comme les seins, la taille de l'individu, l'Indice de masse grasse, la pilosité, ou la forme du squelette: largeur des hanches, des épaules. Le fonctionnement même du cerveau diffèrerait selon le sexe de l'individu selon la psychologue américaine Doreen Kimura mais cela concernerait uniquement les régions qui contrôlent la reproduction sexuée selon la neurobiologiste française Catherine Vidal
Certains chercheurs estiment en 2007 que l'infériorité physique des femmes par rapport aux hommes en termes de taille, de poids, de force, pourrait ne pas être une donnée biologique originelle, mais "une différence construite" due à "une pression de sélection" imposée par l'homme pour reprendre les termes de l'anthropologue française Françoise Héritier en 2007. . Plus précisémment, selon Françoise Héritier, "L'alimentation des femmes a toujours été sujette à des interdits. Notamment dans les périodes où elles auraient eu besoin d'avoir un surplus de protéines, car enceintes ou allaitantes - je pense à l'Inde, à des sociétés africaines ou amérindiennes. Elles puisent donc énormément dans leur organisme sans que celà soit compensé par une nourriture convenable ; les produits "bons", la viande, le gras, etc. étant réservés prioritairement aux hommes. (..) Cette "pression de sélection" qui dure vraisemblablement depuis l'apparition de Néandertal, il y a 750.000 ans, a entraîné des transformations physiques. A découlé de celà le fait de privilégier les hommes grands et les femmes petites pour arriver à des écarts de taille et de corpulence entre hommes et femmes."
La place des femmes dans les sociétés [modifier]
Article détaillé : Condition féminine.
Définitions culturelles
C'est à partir de la prise de conscience de l'inégalité de condition et de statut social entre les hommes et les femmes au XXe siècle, que s'est développée l'étude de la place des femmes dans les différentes cultures et époques. Les mouvements féministes ont combattu les inégalités de droits et de statuts entre les hommes et les femmes. Plusieurs chercheurs[Qui ?] ont tenté, notamment à partir des années 1970, de lutter contre ce qu'ils percevaient comme un biais sexiste des sciences sociales, par exemple en histoire et ont montré l'absence des femmes en tant qu'objet d'étude.
Le problème de la condition des femmes dans la société, jugée inéquitable et injuste par les féministes, a été un des thèmes de réflexion les plus étudiés au XXe siècle et l'actualité lui a parfois donné une place prépondérante dans le débat civil et politique, comme pendant les événements de mai 68 en France. La place des femmes est actuellement un enjeu politique et d'actualité important, comme par exemple au Québec, où la Fédération des femmes du Québec initia la Marche mondiale des Femmes en l'an 2000.
Sociétés traditionnelles
Article connexe : Anthropologie politique.
Les femmes dans l'Antiquité
En Grèce
Scène familiale de gynécée, lébès nuptial à figures rouges, v. 430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Les filles, n'étant pas formées à l'art de la guerre et ne pouvant donc pas défendre la Cité. Considérées comme moins utiles que les garçons, elles étaient plus souvent exposées qu'eux[réf. souhaitée], c'est-à-dire abandonnées dans la nature, ou vendues comme esclaves[réf. nécessaire]. Dans les cas où elles étaient élevées, elles bénéficiaient de moins de soins et d'attention. La misogynie est courante et les femmes sont éloignées de la vie intellectuelle de la Cité. Sémonide d'Amorgos dit d'ailleurs que « c'est Zeus qui a créé le mal suprême : les femmes. », faisant référence au mythe de Pandore.
On trouve cependant quelques exceptions, notamment chez les Pythagoriciens qui avaient en leur sein la mathématicienne, médecin et philosophe Théano.
Dans Lysistrata, une comédie de 411 av. J.-C., Aristophane imagine les femmes faisant la grève du sexe, afin de raisonner leurs maris et établir la paix entre les cités : "Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris."
Article détaillé : Place des femmes en Grèce antique.
À Rome
À Rome, le statut civil de la femme est déterminé par son rôle par rapport aux hommes :
1. puella, virgo (jeune fille) : la fille reçoit essentiellement une instruction domestique ; elle porte, comme le garçon, une bulle qu'elle abandonne le jour de son mariage ;
2. uxor, conjux (épouse) : les filles se marient à partir de 14 ans environ, puis de plus en plus tôt au cours des siècles (vers 12 ans à la fin de l'Empire romain d'occident)[réf. souhaitée] ; la femme est considérée comme une mineure qui passe par le mariage de l'autorité du père à celle de son mari ; il convient cependant de remarquer que ce statut est aussi celui de la plupart des hommes de la maison, soumis à l'autorité du patriarche ;
3. matrona, materfamilias (mère de famille) : en tant que mère, la femme est gardienne du foyer.
Article détaillé : Femme romaine.
En Perse
La religion zoroastrienne affirme l'égalité entre hommes et femmes. Il y a peu de sources sur la place des femmes dans la perse antique mais les tablettes élamites retrouvées à Persépolis montrent cependant qu'elles travaillaient au même titre que les hommes et recevaient le même salaire. A noter aussi que sous la dynastie sassanide deux femmes sont brièvement montées sur le trône.
Article détaillé : Femme iranienne.
Les femmes dans les sociétés industrielles
Depuis le XIXème siècle[4] et jusqu'à aujourd'hui, les professions se sont asexuées même si des différences subsistent et que les salaires ne sont pas les mêmes. Les femmes occupent majoritairement des emplois dans le secteur tertiaire (services), notamment dans des postes relationnels ou touchant aux fonctions domestiques (cuisine, ménage, soins, garde et éducation des enfants).
Article détaillé : Travail des femmes.
Les différences sociales entre homme et femme
Article détaillé : Inégalités homme-femme.
Traditionnellement, les femmes ont des fonctions différentes de celles des hommes au sein de la société.
* économique : inégalité des hommes et des femmes devant les emplois, les femmes ne pouvant pas toujours travailler ou disposer de leur salaire sans l'accord du mari. Leurs salaires sont en moyenne plus faibles que ceux des hommes[5], mais cette différence ne tient pas compte des niveaux de formations ;
* politique : prépondérance des hommes sur la scène politique
* famille : des droits et devoirs différents sont attribués traditionnellement à raison du genre. Le régime de l'adultère, du divorce ou d'un autre mode de séparation peut favoriser l'homme, notamment au divorce pour faute à la demande du mari du fait de l'absence d'héritier mâle[réf. nécessaire] ; certaines sociétés admettent également des sévices corporels à l'encontre des femmes, à la discrétion du mari ; la polygamie est presque toujours exclusivement masculine (un homme pour plusieurs femmes)
* sexualité : une activité sexuelle en-dehors du cadre institutionnalisé est beaucoup plus mal vue que pour l'homme.
Certains auteurs tels que le médiéviste révolutionnaire Raoul Vaneigem identifient les sources de l'inégalité homme-femme dans les textes religieux . Plus classiquement, les Chrétiens font remonter la spécificité de l'égalité entre hommes et femmes dans les pays occidentaux à leur enseignement religieux.
Conflit de lois
L'article 12 du Code Civil du 21 mars 1804 (30 ventôse an XII) prévoit : « L'étrangère qui aura épousé un Français suivra la condition de son mari ». L'article 19 dispose : « Une femme française qui épousera un étranger suivra la condition de son mari ».
Le Code Civil établit donc la soumission du régime de la nationalité de l'épouse à celle du mari, ce jusque la loi du 10 août 1927. En ce qui concerne le régime de la filiation il suit à l'inverse le régime du pays de nationalité de la mère.
En politique
Les femmes ont acquis bien après les hommes un statut de citoyenne à part entière. Le droit de vote leur a été reconnu pour la première fois en 1869 dans le Wyoming, 1893 en Nouvelle-Zélande, en 1918 au Canada (au niveau fédéral, les provinces ayant déjà accordé le droit de vote au niveau provincial entre 1916 et 1922 mais seulement en 1940 au Québec), 1919 en Allemagne et 1944 en France.
Avant même qu'elles n'obtiennent le droit de vote des femmes étaient actives politiquement, en particulier les suffragettes, et au sein des mouvements socialistes (Flora Tristan, Clara Zetkin, Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontaï).
Depuis les années 1960, le mouvement féministe a fortement contribué à faire inscrire dans le droit civil l'égalité homme femme. Et dans le domaine politique, la seconde moitié du XXe siècle a vu des femmes occuper des postes de premier plan, avec par exemple Golda Meir, premier ministre d'Israël, Margaret Thatcher, premier ministre du Royaume-Uni, Angela Merkel devenue chancelière ou Tarja Halonen, présidente de Finlande. Elles restent cependant largement minoritaires dans les différentes instances du pouvoir.